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Thomas Gresset dirigeant de Red Kiwi innovateur pédagogique et Henri-Pierre co-fondateur D’un pas décidez, qui propose des coaching pour les entreprises en extérieur, ont été interviewés par Ingrid Jaligny, jeune entrepreneuse de l’Ecole de Management de Strasbourg. Le but est de présenter les différences entre le coaching et la formation pour vous aider à mieux choisir. Cette rencontre « coaching ou formation » s’est faite dans le cadre de « Vis ma journée d’entrepreneur », un événement co-organisé par Réseau Entreprendre Alsace et l’Université de Strasbourg.

Interview « Coaching ou formation ? Quelles différences ? »

Coaching ou formation : le point de vue du coach

IJ : Henri-Pierre, vos clients font ils facilement la distinction entre coaching ou formation ?

HPM : Non. Il arrive que nos clients, avant de s’engager à nos côtés, nous demandent : « Mais quel va être le programme ? ». Derrière cette question anodine se cache la difficulté principale du business coach. Comment mettre en avant la valeur ajoutée d’un accompagnement de type « coaching » AVANT que cet accompagnement ait démarré ? Il y a plusieurs barrières à lever avant qu’un client ne s’engage auprès de son coach. Le flou quant à la posture du coach en est une. Le business coach n’a pas de programme, de progression pédagogique et n’évalue pas l’acquisition de connaissances.

IJ : En quoi la posture du coach est-elle donc spécifique  ?

Le pari que le client doit faire, c’est que le travail, avec ce coach qu’il ne connait finalement que peu en début d’accompagnement, va lui permettre de déterminer les questions les plus essentielles de son point de vue.  Le travail avec un coach permet à son client de trouver en lui-même les ressources pour dessiner les meilleures réponses, et ce de son propre point de vue.  Le travail et la posture du business coach consiste à entrer dans un travail d’échanges et de questionnements profonds pour faire émerger un chemin spécifique à son client.

IJ : Selon quels critères le client va-t-il donc prendre ses décisions ?

HPM : Il est important de donner des explications en amont. Le client pourra prendre la décision de s’engager si les spécificités du coaching ont été présentées. Pas d’outils, pas de contenus, pas de connaissances à transmettre, pas de « parcours pédagogique »… pas de programme ! Mais où se cache donc la valeur ajoutée du business coaching ? Et comment décider un client de s’engager s’il n’y a rien sur l’étagère ? Les réponses à ces questions se résument en deux mots : relation et processus. La relation, c’est la relation de confiance que le client pressent possible avec cet interlocuteur. Cette relation, c’est un accompagnement dans la durée, un travail de pair à pair, un accueil inconditionnel, l’absence de jugement, de l’écoute active, des permissions et des protections… Le business coach n’a donc pas vocation à former ou transmettre. Il va donc plutôt permettre d’oser grâce à une relation de confiance.

IJ : Et la notion de processus ?

HPM : C’est le mot technique pour évoquer le chemin qui va être parcouru en commun. On ne connait du chemin que le point de départ, et encore, souvent de façon incomplète. Et on parle très vite « d’intention » en coaching, ou encore de demande : c’est l’arrivée, la destination, que l’on vise, sans savoir encore par quel chemin on l’atteindra. Avec un point de départ et une arrivée désirée, on ne peut anticiper le chemin à parcourir pour atteindre l’objectif, mais on peut expliquer comment on va marcher et cheminer « D’un pas Décidez » aux côtés de notre client.

IJ : Comment dans ces conditions rendre ce contrat compréhensible pour un non initié ?

HPM : On peut évoquer le nombre et la durée des séances, la manière dont une séance se déroule, les responsabilités respectives du coaché et du coach, le prix, les modalités du contrat, l’engagement de moyens… Autrement dit, le coach est l’expert du processus qu’il met au service de son client, et le client reste expert de sa vie, donc du contenu des échanges : son contexte, sa demande, ses besoins, ses croyances, ses ressources… et au final, ses décisions et leur déploiement.

Coaching ou formation : le point de vue du formateur

Coaching ou formation, quelles différences entre ces deux approches ? Interview avec Thomas Gresset, fondateur de Red Kiwi

IJ : Thomas, que signifie selon vous « former une personne » ?

TG : La plupart du temps, nos clients souhaitent que la formation fasse évoluer un individu d’un état A à un état B. Mais l’acte de formation est une coproduction où chacun a ses propres responsabilités.

IJ : Quelles sont les spécificités d’une formation ?

TG : La formation est une transmission de compétences dans le but de développer le potentiel d’une personne.  Elle s’appuie sur les connaissances du formateur et sur une pédagogie qui favorise les ancrages chez l’apprenant. Elle vise des objectifs précis, suit un programme, même si c’est avec une certaine flexibilité, pour répondre à des besoins identifiés préalablement avec l’entreprise et le participant.

IJ : L’expertise est-elle la compétence clé d’un formateur ?

TG : La vision d’un formateur omni-compétent est de moins en moins pertinente. Les connaissances sont de plus en plus une commodité, l’expertise individuelle est de plus en plus fragile. Elle se conjugue au pluriel via l’intelligence collective que le formateur se doit de faire émerger. Son rôle est donc aussi de développer des environnements favorables à l’apprentissage. Il facilitera le faire (pédagogie active) et les émotions (neurosciences). Il passe ainsi de soliste virtuose à chef d’orchestre jardinier.

IJ : Finalement, quel est le rôle du formateur ?

TG : Le formateur est certes un homme clé, mais il est loin d’être le seul facteur de performance de la formation.  Il se positionne comme une ressource, facilitant l’accès à une boîte à outils. Il facilite l’appropriation de ces outils et la mise en action, le tout visant la montée en autonomie de l’apprenant. Pour y parvenir il s’appuie sur des piliers comme le sens, pour bien comprendre comment s’en servir, et la prise de recul, pour cristalliser les apprentissages. Le rôle du management et du collaborateur lui-même sont donc essentiels. Il ne peut y avoir de formation efficiente sans une motivation de l’apprenant et sans un terrain de mise en application offert par l’entreprise.

Coaching ou formation : comment décider ?

IJ : En conclusion, comment décider entre coaching ou formation ?

HPM & TG : Le business coaching est un outil d’accompagnement du changement et d’accélération de la décision. Il s’adresse à des personnes faisant face à de forts enjeux professionnels. La formation, quant à elle répond davantage à une logique de livrables avec des objectifs quantifiés et des compétences cibles bien identifiées. Chacun de ces métiers répond à des besoins spécifiques et doit donc être choisi en fonction des circonstances. Et il est parfois bien efficace de mixer les deux.

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