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Lorsqu’on est seul aux commandes d’une PME depuis plusieurs années, on peut trouver certains aspects du quotidien pesants et difficiles à porter seul. La tentation peut alors être grande de rompre cette solitude par la recherche d’un associé qui serait un alter-ego à qui on peut se confier et avec qui on peut partager la charge d’une entreprise. Mais une association réussie demande la création d’une alliance forte et durable entre deux personnes souvent complémentaires, donc différentes. Ces différences nécessitent d’abord un investissement en temps et en énergie pour être transformées en richesse. Ce passage est crucial et beaucoup d’associations n’y survivent pas. Et pourtant, pas besoin d’un alchimiste pour transformer ce potentiel relationnel en or massif, quelques principes simples et recommandations saines peuvent suffire…

La solitude du dirigeant de PME

En soi, diriger seul permet d’être libre mais constitue aussi une difficulté, et la « solitude du dirigeant » est un phénomène connu et documenté. En effet, bien souvent, le dirigeant de PME ne peut compter que sur un nombre très limité de personnes, souvent son conjoint ou son expert-comptable, pour partager et verbaliser certains thèmes à enjeux qui lui occupent l’esprit. Ceci principalement pour des raisons de confiance, de confidentialité ou de proximité relationnelle. Ces partages n’apportent généralement pas une vraie solution mais s’apparentent plus à une « soupape » qui permet parfois de relâcher la pression de façon temporaire.

De plus, apporter son travail et ses préoccupations professionnelles chez soi peut à la longue avoir des effets toxiques sur ses relations personnelles…

D’autres solutions existent comme le « networking » et les clubs de pairs par exemple, mais il n’est pas toujours facile d’y trouver une écoute de qualité et la proximité nécessaire à des échanges profonds, prolongés et « intimes ».

On oublie aussi la capacité à être soi-même une ressource pour soi… Cela d’autant plus avec le stress, l’usure et la fatigue qui amènent à « se couper de soi-même » comme je l’entend souvent dire.

Je connais beaucoup de dirigeants qui réussissent à se « reconnecter » à eux-mêmes et à trouver de nouvelles ressources en pratiquant la randonnée à pied, la course à pied ou d’autres sports en plein air. Le trail ou le semi-marathon deviennent un moyen de retrouver le contact avec le succès et la réussite de l‘objectif atteint. L’épreuve physique nous remet au contact de notre propre force et vitalité. Bien souvent on en revient avec de nouvelles idées et réflexions qui surgissent presque par enchantement au cours de l’exercice.

Ce contact « physique » avec la nature permet en tout cas de se couper un temps des enjeux quotidiens du chef d’entreprise, de prendre de la hauteur et de faire le plein des sens…

Décider de s’associer

Par ailleurs, le développement réussi de l’entreprise conduit parfois le dirigeant de PME à devoir utiliser des aptitudes éloignées de son expertise et de ses motivations de départ. C’est le cas par exemple d’un dirigeant « expert métier » qui développe son activité via le recrutement d’une force commerciale et doit apprendre à piloter et motiver une équipe de commerciaux tout en continuant à exercer son expertise technique.

Cette situation s’apparente à un « grand écart » qui va solliciter le dirigeant sur une palette de comportements et de compétences qu’il ne maîtrise pas forcément. C’est une source de stress supplémentaire qui peut engendrer des problèmes de positionnement et de nombreuses questions : où est ma véritable place dans l’entreprise ? Quel est mon rôle ? Dois-je laisser de la place à quelqu’un d’autre ? Est-ce que je peux continuer seul ?

Si on conjugue ces deux effets, la pression exercée sur le dirigeant peut l’amener à rechercher une véritable solution, durable, qui lui permettra de continuer à avancer tout en respectant son équilibre pour se préserver sur le long-terme.

Cette solution réside parfois dans la recherche d’un associé avec qui il va pouvoir partager le quotidien et porter le poids de l’entreprise. Ce choix est une décision forte et volontaire du chef d’entreprise ! Cet associé aura idéalement des aptitudes complémentaires aux siennes permettant d’élargir le champ des possibilités d’action.

L’association se présente alors comme un mariage professionnel où l’on choisit quelqu’un pour faire route ensemble, pour le meilleur et pour le pire… Autant dire que ce mariage sera soumis à la rude épreuve de la réalité quotidienne et les liens devront être solides pour tenir dans la durée.

Relever le défi relationnel

S’associer représente en soi un défi : construire une alliance forte et durable avec quelqu’un qu’on découvre et qui possède des aptitudes, des perceptions et des modes de fonctionnement différents des siens ! Cela implique également d’accepter de partager le pouvoir et de perdre la liberté de décider tout seul…

Certes durant la « lune de miel » les différences sont facilement perçues positivement, comme de réelles complémentarités. Mais à la longue, le risque est que ces complémentarités soient plutôt perçues comme des différences qui génèrent des écarts source de nouvelles difficultés…

Pour éviter cela, il convient d’entretenir et de « muscler » la relation, et surtout ne pas croire comme je l’ai parfois entendu qu’ « avec le temps, les choses vont s’arranger d’elles-mêmes », ce qui revient à faire l’autruche et méconnaitre les dynamiques relationnelles.

Donc s’associer est une décision forte du dirigeant, qui revient à trouver la bonne personne et consacrer ensuite du temps et de l’énergie à créer un lien solide et durable.

J’insiste sur le fait qu’il est bien plus efficace de faire cela dès le début de la relation et non pas lorsque les premières difficultés entre les associés apparaissent !

Il existe de nombreuses manières de prendre soin de la relation mais toutes passent par y consacrer un temps de qualité dédié et une récurrence dans la durée. Et bien-entendu, durant ce temps de qualité il convient d’aborder les points de vigilance et les aspects sensibles de la relation et non pas tomber dans le piège d’avoir des échanges techniques qui portent sur l’activité quotidienne et les problèmes « techniques » à résoudre. Ces derniers constituent un refuge facile permettant d’occulter les aspects relationnels qui sont plus délicats à aborder. C’est le piège à éviter !

Pour ces raisons, et au vu de l’enjeu d’une telle association, il est fortement recommandé de se faire accompagner par un professionnel de la relation, comme l’est le coach en entreprise par exemple…

Ce professionnel de l’accompagnement et de la relation saura être vigilant à travailler le relationnel et à éviter le piège évoqué plus haut.

Là aussi, les moyens diffèrent pour y parvenir.

Mon parti-pris est l’Outdoor Coaching, c’est-à-dire associer le coaching avec la marche en pleine nature. Ce mode d’accompagnement original permet de facilement se déconnecter de son quotidien et de consacrer une journée de qualité, à intervalle régulier, pour évoquer les aspects importants de la relation et consolider pas à pas l’alliance entre les deux associés.

Construire une alliance forte et durable entre deux associés

La photo qui illustre cet article représente deux dirigeants de PME qui ont décidé de s’associer pour faire face à une situation très proche de celle décrite ci-dessus.

Ils ont choisi de faire ce travail relationnel en utilisant l’Outdoor Coaching, une forme de Business Coaching pratiqué en marchant et dans la nature. L’Outdoor Coaching présente de nombreux avantages pour ce type de rapprochement relationnel.

La photo en elle-même est éloquente : on voit deux personnes en dialogue et en mouvement, qui avancent côte à côte, d’un pas décidé, sur le même chemin, dans la même direction et faisant face au même environnement, au même paysage.

D’ailleurs ce jour-là, l’environnement n’était pas particulièrement accueillant ni favorable. Bruine et vent étaient au rendez-vous, mais ils ont fait face ensemble et cela ne les a pas empêché d’avancer, au contraire !

Votre environnement professionnel est-il d’ailleurs toujours ensoleillé ?

Face à eux, un carrefour, où ils devront ensemble se mettre d’accord sur la nouvelle direction à suivre.

Cette image est donc une belle métaphore de ce qu’est une relation réussie entre deux associés : partager la même vision, avancer et décider ensemble.

L’Outdoor Coaching permet à un binôme d’associés de s’accorder un temps de travail de qualité, loin de son environnement de travail habituel, pour se consacrer à la prise de recul, la prise de décision, la réflexion stratégique et faire un tour d’horizon de son paysage professionnel.

Ainsi, vos prochains pas se feront ensemble et dans la même direction !